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09 - Tant que le bal continue ...

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Contexte
Paroles
Un homme a fait l’unanimité,
Debout les élus, les mains serrées,
Pour saluer vingt ans de loyauté,
De grisbi partagé, d’ordre bien gardé.
Les anciens se tapent le ventre, contents,
Pendant que la ville compte ses manquants,
Les bilans sont beaux, les mots élégants,
Mais sous la nappe, ça pue l’a-ran-jeu-ment. - (mensonge)

Tant que le bal continue, on danse,
Même si le plancher craque sous nos semelles.
Tant que le bal continue, on dépense,
Et Marseille paye la note, fidèle.
Main dans la main, le pouvoir s’étreint,
Personne n’éteint la musique du festin.

Une métropole cousue de dettes,
Six morceaux rafistolés à la hâte,
Un monstre d’acronymes, de promesses et d’étiquettes,
Des pauvres au nord, des villas au sud qui se flattent.
La 3DS devait tout changer,
Simplifier, clarifier, réformer…
Mais au final, les mêmes visages,
Les mêmes mains sous la même table, sans courage.

Tant que le bal continue, on danse,
Même si la salle sent la décadence.
Tant que le bal continue, on dépense,
Et chacun protège sa révérence.
Main dans la main, les deals se font,
Sous les lustres, loin du salon des citoyens.

cent soixante dix huit millions qui n’auraient pas lieu d’être — (ouais ouais !)
Des communes riches qui pompent les plus précaires — (ouais ouais !)
Des rapports, des lois, des lettres mortes,
Mais tout le monde garde sa porte.
On parle d’un pacte, d’une dotation,
D’une solidarité d’illusion,
De Marseille qui mendie son dû,
Pendant que d’autres s’en sortent, repus.

Les mêmes sourires, les mêmes discours,
On promet des trains, des logements, de l’amour.
Et pendant ce temps, les quartiers crèvent,
Les bus n’arrivent pas, les loyers s’élèvent.
Les finances se désendettent,
On applaudit la “bonne gestion”.
Mais le peuple, lui, reste en attente,
D’un peu de justice, d’un peu d’action.

Tant que le bal continue, on danse,
Même si la musique sonne fausse et lente.
Tant que le bal continue, on dépense,
Sur les ruines d’une ville vivante.
Marseille saigne mais garde le rythme,
Les élus trinquent, la foule résiste.

Tant que le bal continue,
Les lampions brillent,
Les micros grincent,
Et personne n’éteint la lumière.
Mais le jour viendra…
Où la salle sera vide.