Contexte
Paroles
C’était un matin de novembre,
La ville tremblait sous les pierres,
Huit vies tombées dans la cendre,
Et le silence d’un maire.
Rue d’Aubagne, nos larmes, nos cris,
Les murs parlaient mieux que lui,
Un mois pour une lettre tiède,
Pendant qu’on creusait nos plaies.
Benoît, qu’est-ce que tu fais ?
Tu rends hommage à celui qu’on pleure jamais.
Nos morts attendent encore la justice,
Pas les discours ni les artifices.
Benoît, qu’est-ce que tu fais ?
La concorde sans vérité,
C’est des fleurs posées sur des ruines,
Et des cœurs qu’on assassine.
Toi, on t’a vu sur le pavé,
Les yeux brûlés de nos colères,
Quand les lacrymos remplaçaient
Les promesses de lumière.
Tu disais “plus jamais ça”,
Tu marchais au milieu de nous,
Mais aujourd’hui c’est toi qu’on voit
Honorer l’ombre d’un loup.
Benoît, qu’est-ce que tu fais ?
Tu rends hommage à celui qu’on pleure jamais.
Nos morts attendent encore la justice,
Pas les discours ni les artifices.
Benoît, qu’est-ce que tu fais ?
La concorde sans vérité,
C’est des fleurs posées sur des ruines,
Et des cœurs qu’on assassine.
On ne peut pas être l’héritier
Des marches pour le droit au toit,
Et dans le même souffle saluer
Celui qui tournait le dos à nos voix.
La concorde, c’est pas l’oubli,
Ni les plaques sur les plaies,
C’est la mémoire qu’on écrit,
Tant que la justice n’est pas passée.
Dans les ruelles de Noailles,
Les murs portent encore les noms,
Des familles, des batailles,
Des vivants, des maisons.
On t’avait cru du côté
De ceux qu’on n’écoute jamais,
Mais voilà qu’à cinq mois d’vote,
Tu changes d’épaule, de côté.
Benoît, qu’est-ce que tu fais ?
Tu rends hommage à celui qu’on pleure jamais.
Nos morts attendent encore la justice,
Pas les discours ni les artifices.
Benoît, qu’est-ce que tu fais ?
La concorde sans vérité,
C’est des fleurs posées sur des ruines,
Et des cœurs qu’on assassine.
Rue d’Aubagne, on n’oublie pas.
La concorde commence par la vérité.
Pas d’hommage sans justice.
Pas de paix sans mémoire.