Contexte
Paroles
Marseille s’est couverte de murs et de grilles,
Les rues se ferment, la peur défile.
On croyait la ville ouverte et libre,
Mais les chiffres parlent, et la rue s’éteint.
Mille cinq cent cinquante ensembles fermés,
Des portails partout, des codes pour passer.
Vingt-neuf pour cent des logements bloqués,
Et treize pour cent de la ville clôturée.
Les piétons comptent leurs détours sans fin,
Onze pour cent des rues leur ferment le chemin.
Et sept sur dix de ces barrières froides
Coupent la marche, coupent l’espoir, coupent la balade.
Ouvrez, ouvrez les voies !
La ville est à nos pas.
Ni murs, ni digicodes
entre toi et moi.
Ouvrez, ouvrez les voies !
Qu’on respire à nouveau.
La ville n’est pas un club,
La rue est un bien commun, c’est notre droit.
Depuis deux mille, tout s’est accéléré,
Soixante-neuf pour cent des griyeux sont nées.
La peur a pris la place du voisinage,
Et la clé du trottoir s’est mise en cage.
Les enfants font des détours pour l’école,
Les vieux pour les courses, les jeunes pour le bus,
Le bitume s’est mis au service des murs,
Et la ville a perdu ses coutures.
Ouvrez, ouvrez les voies !
La ville est à nos pas.
Ni murs, ni digicodes
entre toi et moi.
Ouvrez, ouvrez les voies !
Qu’on respire à nouveau.
La ville n’est pas un club,
La rue est un bien commun, c’est notre droit.
— À qui les trottoirs ? — À nous, les piétons !
— À qui les passages ? — À tous, sans conditions !
— À qui les écoles ? — À nos enfants d’abord !
— Alors on ouvre, on marche, on chante encore !
Ouvrez, ouvrez les voies !
La ville est à nos pas.
Ni murs, ni digicodes
entre toi et moi.
Ouvrez, ouvrez les voies !
Qu’on respire à nouveau.
La ville n’est pas un club,
La rue est un bien commun, c’est notre droit.
Onze pour cent de rues fermées,
Soixante-neuf pour cent après deux mille,
Marseille, ouvre tes chemins,
Tes murs étouffent ton avenir.
Nos pas dessinent la carte,
Nos voix brisent les portes,
Une ville ouverte et vive :
On l’ouvre, on marche, on porte !